Un bidonville à 50 mètres de Paris !..

  • Par jkiff
  • Le 16/02/2009
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Un bidonville à 50 mètres de Paris

 

Nous sommes à même pas 50 mètres de Paris, juste à côté d'une porte du nord de la capitale. Le bruit du périphérique parisien se fait bien entendre. L'endroit transpire la pauvreté, quelques habitations mêlées à des hangars, des parkings et des usines. Une zone guère accueillante, encombrée de nombreux détritus amoncelés. Nous allons franchir une porte qui nous mènera dans l'un des bidonvilles parisiens.

Un ami, qui m'accompagne, avait "découvert" cet endroit par hasard. Il nous sert en quelque sorte de "guide". En me racontant l'existence de ce bidonville, je voulais le voir de mes propres yeux. Voir qui sont ces gens, comment ils vivent, à quoi ressemble un bidonville parisien. 24 heures après m'en avoir parlé, nous voici devant cette porte ouvrant vers une misère bien ignorée.

Un mur avec des peintures datant d'une vie antérieure où l'endroit servait probablement d'entrepôt pour une entreprise. Une porte rouillée en fer à tirer, et nous entrons dans une réalité que nous ne pourrions suspecter de l'extérieur. Derrière le mur, des baraques faites de placo, de taules ondulées et d'objets de récupération. Des portes déglinguées pour chacune de ses habitations toutes alignées, fermées de cadenas. Deux impasses dans ce bidonville. L'une semi-couverte par les restes d'un hangar ; la seconde en plein air d'un côté les habitations de l'autre un long mur. Au bout de cette seconde impasse, un amas de détritus et une vieille maison en ruine, abandonnée et également habitée par les habitants du lieu.

Le ciel est bleu azur, le soleil froid brille, mais l'on imagine aisément l'état du lieu avec la pluie, les rats au milieu des déchets, le sol souillé et cabossé. Ici, l'hygiène n'existe pas ou prou. Aucune commodité, pas d'accès aux luxes de l'eau courante ou du tout-à-l'égout.

L'ami qui nous accompagne nous indique que 400 personnes environ vivent ici. Des manouches, les personnes parlent dans une langue qui ressemble à celles des pays d'Europe centrale ou d'Europe de l'est. Nous en rencontrerons finalement très peu. Les regards ne nous invitent pas véritablement à la discussion. Les premiers rencontrés sont les enfants, qui jouent avec le peu qu'ils ont. Tous nous demanderont ce que nous faisons ici. Nous préciserons à chacun de nos interlocuteurs que nous ne sommes pas de la police. Une adolescente me demandera si je viens pour l'école. Avec le sourire, l'ambiance se détend, mais il est évident que nous ne sommes pas les bienvenues. Nous sommes dans leur monde, et nous ne sommes pas de leur monde. Aucune agressivité, aucun geste déplacé. Difficile de leur répondre ce que nous faisons ici. Un mélange de curiosité et de savoir.

Nous ne resterons guère longtemps sur place. Mais un temps nécessaire pour en prendre plein la gueule, pour voir cette misère dont personne ne parle. Pour connaître ces univers que l'on ne pourrait imaginer en France. Pour ouvrir les yeux sur une réalité que l'on penserait inexistante dans un pays aussi riche que le nôtre.

 

(Luc Mandret)

 

 

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